Les origines et histoire du Kung Fu

功 夫 的 起 源

Trois philosophies sont à la base du Kung Fu :

  • Taoïsme: non vouloir, harmonie avec l'univers et recherche d'immortalité.
  • Confucianisme: respect de l'ordre social qui est lui même le reflet de l'ordre cosmique
  • Bouddhisme Chan: extinction des passions, et de la ronde infernale des renaissances.

Dans les tombes de la dynastie des Qin (troisième siècle avant J.C.), on trouve la trace de représentations de la lutte chinoise qui se trouve être l'ancêtre de toutes les boxes dans l'empire du milieu.
Sous les dynasties suivantes, s'élaborent les techniques que l'on connaît aujourd'hui, par l'intermédiaire de militaires qui écrivent des traités ou de professionnels de la sécurité, de brigands, d'ascètes ou de moines.

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A partir du dix septième siècle jusqu'à nos jours, on voit l'apparition des formes appelées actuellement "dao lu".
Mais le Kung fu c'est aussi l'influence du temple de Shaolin, de la "boxe musulmane" du général Cha (dynastie des Ming), de la vieille tradition acrobatique chinoise, de certains pionniers comme Huo Yuan Jia (début du siècle) et, selon certains auteurs, des arts martiaux indiens.
On pourrait encore citer les danses chamaniques antiques, la médecine traditionnelle, l'ésotérisme du Bouddhisme Tantrique...

Actuellement, on distingue les styles internes comme le Bagua ou le Xing Yi Quan, des styles externes comme le Tang Lang Quan (la mante religieuse) ou le Luohan Quan (Boxe des disciples de Bouddha).
On fait aussi la distinction entre les styles du nord et du sud. Les premiers ont une prédilection pour les techniques de jambes, les seconds, à plus court rayon d'action, préfèrent utiliser les membres supérieurs.
On a affirmé que cela était du à la géographie. En Chine, le paysage est formé de plaines dans le nord et de rizières dans le sud. Citons le Yingzhao Quan (boxe des serres de l'aigle) pour le nord et le Hong Gar, ou le Choy Lee Fut pour le sud.

Le père légendaire du Kung Fu est un moine issu de l'Inde profonde, BODIDHARMA (DAMO en chinois) qui quitta son pays natal vers l'an 500 avant Jésus Christ pour diffuser la connaissance du Bouddhisme "Chan".
Et c'est en Chine, plus particulièrement au fameux temple de Shaolin (la jeune foret), qu'il trouvât de nouveaux disciples capables de recevoir et de comprendre son enseignement.

Devant l'esprit de ces moines inaptes à toute méditation sérieuse, Bodidharma décida d'y remédier énergiquement par d'efficaces exercices pour fortifier l'esprit en même temps que le corps. Puis il ajouta à ces exercices d'hygiène corporelle, une série de mouvements issus d'une vieille boxe indienne. Le wushu venait de naître. Ce travail originel était basé sur 18 mouvements essentiels, sorte d'alphabet corporel issu d'antiques gestuelles indiennes que Bodidharma avait synthétisé après neuf années de méditation. D'ailleurs la grotte dans laquelle, d'après la légende, il séjourna est aujourd'hui toujours visible après une marche épuisante sur les flancs d'une montagne bordant le monastère de Shaolin. Sans cesse exposés aux brigandages, les moines de Shaolin firent de leur technique un véritable Art Martial qui se transmit de générations en générations. Ils continuèrent donc leur évolution voyant dans le wushu un excellent moyen d'illustrer l'adage d'une âme saine dans un corps sain. Au fil des décennies le Wushu devint l'art martial par excellence et les simples moines furent bien vite rebaptisés Moines Guerriers; les empereurs voyaient en eux une véritable arme de guerre et les légendes où seuls treize moines pouvaient battre une armée entière allaient bon train. Le concept échappa totalement à Bodidharma qui, marri de cette situation, s'enfuit à cheval et disparut à jamais. La connotation combative du Kung Fu Wushu continua de se développer dans les siècle qui suivirent apportant aux populations non armées un formidable moyen de lutter contre les pouvoirs en place, officiels ou pas. Il fut d'ailleurs formellement interdit après la révolution culturelle. Mais il avait eut le temps de se répandre dans toute la Chine puis vers le continent asiatique, prenant des noms divers (karaté, judo, viet vo dao, aïkido...) et plus souvent celui de la famille fondatrice du style. C'est par l'île d'Okinawa, envahie par les japonais, que le style de Shaolin se répandit au japon pour ensuite nous arriver en Europe. Cette diffusion s'étendit dans le monde entier en précédant ou en suivant les traces philosophiques du Tchan (le Zen en japonais). D'autres temples moins connus, comme celui du mont Wudang développèrent d'autres courant d'arts martiaux plus influencés par le Taoïsme. Aujourd'hui l'ensemble des pratiques martiales chinoises est recensé à plus de 400 styles à mains nues ou avec armes. Quand au monastère de Shaolin, maintes fois pillé, incendié et reconstruit, il est à ce jour encore en pleine rénovation, grâce notamment au fait qu'il soit devenu un site touristique reconnu par la Chine .

Art martial chinois instauré il y a plus de 2000 ans au temple de Shaolin dans la région du Henan, le kung-fu est la source de la plupart des arts martiaux . Les moines du monastères de Shaolin observèrent les animaux et se rendirent comptent que la nature les avait dotés de moyens de défense performants. Ils ont donc appliqué les techniques animales et ont abouti à de magnifiques chorégraphies appelées tao : le chemin en chinois. Ces taos permettent de développer à la fois un travail physique, technique et de concentration. Grâce à ces taos, la pratique du kung-fu a pu se transmettre de génération en génération. Chaque tao - du tigre, du dragon, du serpent,... a une signification bien précise.
Celui du dragon évoque la puissance et la force, celui du singe la ruse et celui du serpent la fluidité et la rapidité. La pratique du kung-fu se distingue aussi par la pratique des armes traditionnelles tel que : le bâton, le nunchaku à trois branches, la lance, le sabre, l’épée, la chaîne...

Les arts martiaux sont l’une des expressions de la culture et de l’esprit de la Chine.
Le wushu, plus connu en Occident sous le nom de kungfu, naît et se développe parallèlement à l’histoire de ce pays fascinant, immense territoire longtemps marqué par des guerres contre des peuples d’envahisseurs et par de cruelles luttes internes.

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Le système politico-social de type féodal, dont la Chine n’est sortie qu’au début du XXème siècle, a depuis toujours poussé les communautés à pourvoir de façon autonome à leur propre défense.
De là sont nés et ont évolué de nombreux systèmes de combat, ayant chacun leurs propres caractéristiques en fonction des nécessités techniques, du contexte géographique, culturel et racial, des objectifs même des diverses méthodes, et enfin des qualités physiques et psychologiques des pratiquants.
Les premiers témoignages remontent à la période préhistorique, lorsque la massue et les pierres sont les seuls instruments employés pour combattre. Par la suite, la massue devient bâton puis, en attachant à son extrémité une pierre taillée, l’homme crée la lance. Avec l’avènement du bronze et du fer, la lance se perfectionne et les nouvelles armes apparaissent.
Au fur et à mesure que les moyens et les techniques améliorent le combat, d’instrument nécessaire à la survie, il commence à se parer de valeurs supérieures et devient un art et une façon de s’entretenir.

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En Chine, au cours de la période des Etats combattants (453-222 avant J.C.), la passion pour les armes et les techniques martiales était courante autant parmi les militaires que dans la population ; les témoignages écrits sur l’habileté développée par les hommes et les femmes à cette époque sont nombreux. Des compétitions étaient même organisées pour régler les relations politiques entre les différents Etats, et il était assez banal de rencontrer des personnes qui montraient avec orgueil leurs cicatrices, témoins de leur courage et de leur valeur dans le combat.

Pendant la dynastie Han (206 avant J.C. –220 après J.C.), les arts martiaux se développèrent et prirent une valeur plus sportive : par exemple, on vît apparaître dans les compétitions les premières protections rudimentaires. On améliora les armes, et, en particulier, l’épée à double tranchant subit une évolution importante.
Au cours de l’époque Tang (618-907 après J.C.), les arts martiaux en Chine se développèrent encore d’avantage. Grâce au nouveau système d’examen pour sélectionner les responsables militaires, qui permettait aux experts de kunfu d’obtenir des charges prestigieuses et d’améliorer leurs revenus, on encouragea la pratique et l’étude des arts martiaux à tous les niveaux de la société.
Au cours de la dynastie Song (960-1279 après J.C.) et de la dynastie Ming, qui suivit (1368-1644 après J.C.), le kungfu connut un large succès parmi le peuple aussi bien en tant que technique de défense que comme pratique gymnique. On assista également à la prolifération d’un grand nombre d’écoles et d’associations, souvent en lutte les unes contre les autres pour asseoir leur propre prestige. C’est à cette époque que devint très populaire le leitai, compétition à mains nues qui se déroulait sur un plancher surélevé et dans laquelle, en cas de K.6O. ou lorsqu’il était éjecté hors de la zone de combat par son adversaire, le combattant était déclaré vaincu.
Ces rencontres suivaient en général des règles, mais il n’était pas rare que les défis dégénèrent en duels sanglants. C’est également pendant la dynastie Ming que furent écrits d’importants textes sur les arts martiaux, qui sont de véritables classiques et dont les principes sont valables encore aujourd’hui.
La dynastie manchoue des Qing (1644-1911 après J.C.) vit l’apparition d’un bon nombre des styles encore pratiqués à ce jour, du taiji au bagua, du tongbei au tanglang, mais aussi des sociétés secrètes, telles que le Lotus blanc, la Lance rouge ou le Poing de la suprême harmonie, créées pour combattre et ruiner la dynastie régnante, mal supportée, et rétablir la dynastie Ming. De nombreux pratiquants furent emprisonnés ou exécutés pour actes subversifs. Les monastères Shaolin, dans la région du Hénan et dans celle du Fujian au Sud, furent détruits car considérés comme dangereux pour la sécurité de la dynastie régnante. En 1727, la pratique populaire du kungfu fut prohibée, mais ceci n’eut comme effet que de renforcer la prolifération des sociétés secrètes. De nombreux pratiquants et maîtres célèbres moururent ou furent exécutés suite à la désastreuse révolte des Boxers, mouvement xénophobe associé à la société secrète du Poing de la justice et de l’harmonie.
Avec la révolution de 1911 commença un processus de modernisation des arts martiaux chinois ; grâce aussi aux échanges culturels avec les pays occidentaux. En 1919, à Shanghai, fut fondée l’association Jing Wu par le célèbre maître Huo Yuanjia, qui voulait abattre les barrières entre les différents styles et promouvoir une façon nouvelle, moderne et scientifique d’étudier les arts martiaux. A partir de la République populaire de Chine, le wushu a subi d’autres transformations. Pendant les années 1950, la commission sportive du gouvernement mit en place un programme de redéfinition des arts martiaux, dans le but de faire du wushu une pratique sportive de masse. Mais le wushu a survécu parmi la population, qui a continué à le pratiquer en secret, même pendant la Révolution culturelle.
Dans les années 1970 et 1980 le gouvernement à fait un grand travail pour faire du wushu une pratique sportive de renommée mondiale, au même titre que la gymnastique artistique, standardisant certains styles et exaltant les aspects gymniques et acrobatiques au détriment de ceux strictement martiaux.
Récemment, étant donné l’intérêt de l’Occident pour les aspects plus traditionnels du wushu, le gouvernement chinois a encouragé la création d’écoles, d’associations et de groupes d’études et de recherche autour du wushu traditionnel, qui ont favorisé son retour et l’ont valorisé.

Kungfu et wushu

Kungfu est le terme le plus connu par les occidentaux pour désigner les arts martiaux chinois.
Wushu, qui signifie littéralement « arts martiaux », est au contraire le terme utilisé en Chine, et seulement récemment en Occident.
En réalité, en Chine, le kungfu ne désigne pas uniquement les arts martiaux, mais est employé pour indiquer quelque chose qui a exigé effort et persévérance : un diplôme, une ±uvre d’art, une entreprise extrême peuvent être « kungfu », c’est-à-dire, selon le sens littéral du terme, « résultat d’un dur travail » ou encore « améliorer par l’étude », parce qu’ils sont le résultat d’une implication totale de la part d’un individu pour atteindre un objectif particulier.

La popularité du kungfu en Occident

Lorsque, dans les années 1970 furent projetés dans nos salles de cinéma les premiers films de kungfu « made in Hong Kong », un large public se passionna pour ces pellicules et par la suite découvrit les arts martiaux chinois.
A cette époque, sociologues et intellectuels se penchèrent sur cet engouement pour analyser et expliquer les raisons du succès de ces films, souvent pas très bons et mal joué ; quel était le secret d’un tel consensus de la part du public ?
Ces films parlaient d’hommes et de femmes qui réagissaient aux injustices perpétrées par le méchant de service grâce à de longs entraînements, à une discipline dure et à des techniques « spéciales » grâce auxquels ils accomplissaient des gestes héroïques au point qu’ils semblaient presque surnaturels. Héros romantiques, qui incarnaient des valeurs fortement individuelles souvent refoulées dans les sociétés modernes ; des valeurs aussi parfois discutables, comme le désir de vengeance, mais de toute façon des valeurs tendant toujours vers l’affirmation de l’individu et de ses qualités les plus nobles, à travers des moyens que nous possédons tous, à savoir notre corps et notre volonté. Bruce Lee a été en même temps mythe et icône de cet idéal : l’homme guerrier qui combat le mal avec les armes les plus simples dont il dispose, ses mains et ses pieds, mais avec un art qui confine à la perfection et qui transcende le geste de violence pure. Ce chevalier de la justice a incarné, grâce à ses armes naturelles et à sa façon superbe de les utiliser, les valeurs les plus nobles et les plus héroïques pour l’homme moyen et à réussi à fasciner des foules immenses et à leur faire découvrir un monde jusqu’alors inconnu à elles.
Les films sur les moines guerriers Shaolin ou ceux sur les maîtres taoïstes ont fortement impressionné l’imaginaire collectif, qui a finalement découvert l’harmonie entre le sacré et le profane : poings et sagesse, religiosité et courage guerrier ont présenté un monde nouveau aux passionnés et aux curieux.

La diffusion du kungfu

L’émigration du peuple chinois et donc l’augmentation de la communauté chinoise à l’étranger ont permis d’implanter le kungfu et sa pratique dans le monde.
Il fut d’abord exclusivement enseigné à l’intérieur de la communauté. Au cours des trente dernières années il s’est progressivement ouvert aux Occidentaux. Une partie du kungfu a inévitablement subi des contaminations et des évolutions diverses dans différents pays :

  • en Indonésie et en Malaisie, on pratique le kuntao, qui est le kungfu adapté au contexte géographique et culturel ;
  • dans les Etats d’Amérique du Sud, le kungfu s’est certainement ressenti de l’isolement culturel de ces communautés
  • en Amérique du Nord, le kungfu a subi l’influence de la culture pragmatique de ce peuple, ainsi que la contamination par d’autres systèmes martiaux
  • au Japon, la proximité géographique et culturelle des deux pays favorise l’étude des arts martiaux chinois. D’excellents maîtres chinois ont émigré dans ce pays.
  • en Europe de nombreuses écoles fondées par des maîtres locaux qui ont étudié et se sont formés en Chine ou à Taïwan.

Le kungfu au cinéma

Le kungfu et le arts martiaux font parie depuis de siècles de la culture chinoise, même sous leurs formes les plus spectaculaires : il suffit de penser à la célèbre école de l’Opéra de Pékin dans laquelle on enseigne des techniques et des acrobaties issues de styles de combat les plus courants. Dès l’aube du XXème siècle (vers les années 1920), le cinéma populaire chinois a exploité la trame et les techniques martiales, par exemple : The Burning of the Red Lotus Monastery, un petit chef-d’oeuvre de 1929 qui fut malheureusement détruit, racontait les hauts faits d’un groupe de moines Shaolin pris au piège pendant l’époque Manchoue dans un monastère, histoire reprise en 1997 par le metteur en scène Ringo Lam dans son film Burning Paradise.
Dans les années 1950 à Hong Kong, une série de films remporta un grand succès populaire ; ces histoires étaient inspirées par un personnage qui avait réellement existé, Wong Fei Hung, célèbre maître de Canton, qui vécut entre la fin du XIXème siècle et les premières années du XXème siècle. Kwan Tak Hin, maître du style de la Grue blanche et l’un des premiers à utiliser des techniques partiales au cinéma, lui prêta ses traits (ainsi que ses aptitudes martiales). Mais le véritable boom cinématographique des arts martiaux chinois devait arriver dans les années 1960-1970.

Il y eut d’abord les films wuxiapian, histoires de cavaliers errants et de spadassins directement issus de la tradition littéraire mandarine (de Shanghai) et transposés à Hong Kong grâce au génie de metteurs en scènes comme King Hu (auteur de « A Touch of Zen » et « The Fate of Lee Khan ») et Zhang Cheh (dont nous nous rappellerons le film « The One Armed Swordsman », qui relate les aventures d’un spadassin manchot). Il s’agit d’aventures fantastiques dans lesquelles il n’est pas rare de voir les protagonistes voler et faire se déchaîner des flux d’énergies magiques.

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Ce sont des films d’époque qui sont rarement arrivés jusqu’à nous et peu appréciés par le public Occidental. L’Occident s’enthousiasma, au contraire, pour un autre filon martial, le gongfupian, constitué d’histoires plus modernes et réalistes dans lesquelles finalement, on pouvait voir le kungfu pratiqué à mains nues. La première idole de ce filon fut Jimmy Wang Yu, metteur en scène et interprète de « The Chinese Boxer » et de « One Armed Boxer », inspiré par « The One Armed Swordsman », en version moderne. Le nouveau filon eut un succès immédiat à Hong Kong, mais nous n’en aurions probablement jamais entendu parler si « King Boxer » n’était pas arrivé par hasard dans un cinéma de Beyrouth, faisant, contre toute attente, sauter les guichets de location.

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C’est ainsi que les films de kungfu débarquèrent en Occident et qu’ils ouvrirent la vois à Bruce Lee, qui n’en tourna que quatre, mais devint très rapidement une idole pour tous les passionnés.

  • La Fureur du Dragon (1972)
  • La Fureur de Vaincre (1972)
  • Opération Dragon (1973)
  • Le Jeu de la Mort (1973)

Après sa mort, qui resta pour beaucoup mystérieuse et dont les circonstances ne furent jamais totalement éclaircies, l’intérêt des producteurs occidentaux pour le kungfu diminua rapidement, il ne fut ravivé que plusieurs années plus tard par des films avec Chuk Norris et Van Damme, qui, en réalité, sont des histoires de karaté avec un soutien technique et scénographique très différent des films de Hong Kong.
Cependant, dans l’ex-colonie britannique, naissaient de nouveaux talents. Nous nous souvenons en particulier de Jackie Chan et de Samo Hung, deux acteurs chorégraphes metteurs en scène formés à l’école de l’Opéra chinois, que nous avons déjà citée. Malheureusement, la majeure partie de leurs films (les meilleurs et spécialement ceux de kungfu) n’existent qu’en version originale sous-titrée en anglais. Mais l’effort sera payant. Des films comme « Drunken Master 1 et 2 » sont parmi les meilleurs du genre jamais réalisés. Le metteur en scène et chorégraphe de Jackie Chan est Yuen Woo Ping, authentique maître d’arts martiaux chinois, récemment redécouvert pour avoir réglé les combats du film « Matrix », avec Keanu Reeves et Larry Fishburne. Un autre metteur en scène vraiment expert en arts martiaux est le chorégraphe des scènes d’action de la Shaw Brothers, très puissante compagnie de production de Hong Kong, Liu Chia Liang. Acteur dans des dizaines de films, il est célèbre pour avoir été appelé par les techniciens de la Chine populaire pour diriger les séquences de combat d’une série de films sur les arts martiaux du temple de Shaolin. C’est justement grâce à cette série que le public découvrit l’un des nouveaux interprète de kungfu, que l’on considère aujourd’hui comme le véritable héritier de Bruce Lee : Jet Lee, expert de wushu et des styles spectaculaires, qui a aussi tourné en Occident dans des films comme « L’Arme Fatale4 ».

A Hong Kong, Jet Lee est très célèbre surtout pour son interprétation du docteur Wong Fei Hung, dans une suite de la série des années 1950 réalisée au début des années 1990 par le réalisateur Tsui Hark, sous le titre de « Once Upon a Time of China », dont il a tourné six épisodes. Outre des histoires en costumes, Jet Lee a interprété de très nombreux gongfupian tels que « The Hitman », « Born to Defend » et « Fist of Legend », le remake de « La Fureur de Vaincre » (dont le titre original était « Fist of Fury »).

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N’oublions pas qu’à Hong Kong il existe aussi un filon florissant de films d’arts martiaux mettant en scène des protagonistes féminines. L’Américaine Cynthia Rothrock y a rencontré ses premiers succès avant de tourner aux Etats-Unis ( où elle a tourné entre autres le film « Lady Dragon ») ; mais la palme revient naturellement à deux actrices orientales : la Chinoise d’origine malaisienne Michelle Yeoh (que nos avons vue aux cotés de James Bond dans « Demain ne meurt jamais »), protagoniste de la série « In the Line of Duty », et la Japonaise Yukari Oshima (« Dreaming the Reality » et « Lady Panther »), souvent cantonnée dans les rôles de « méchant », comme beaucoup d’acteurs d’origine nipponne.

Le Wushu traditionnel et moderne

On peut actuellement diviser les arts martiaux chinois en deux grandes catégories : - traditionnel ; -moderne. Sous le nom de wushu traditionnel, on désigne les écoles et les styles communément pratiqués hors des circuits institutionnels, en Chine, mais aussi à Taïwan et dans le reste du monde. Dans cette catégorie sont répertoriés pas moins de trois cents écoles et styles différents. Le wushu traditionnel est aussi appelé, en Chine, wushu populaire, car il est considéré comme le produit et le patrimoine de la culture populaire chinoise. Le wushu moderne est au contraire le résultat d’une tentative de standardisation des styles traditionnels mise en place par les appareils gouvernementaux de la Chine populaire, qui ont favorisé la recherche et la pratique du wushu comme une discipline sportive et gymnique, négligeant et parfois même interdisant la pratique traditionnelle à des fins de combats. Commencé dans les années 1950, ce processus a porté le wushu au rang de discipline sportive de haut niveau, comprenant différents secteurs ou spécialités de compétition.

  1. « Taolu », forme. Cela consiste à exécuter un ensemble d’enchaînement de techniques, simulant un combat imaginaire contre un ou plusieurs adversaires. Actuellement, on distingue dans les compétitions de taolus différents groupes :
    • chang quan, la synthèse des plus grandes écoles du nord
    • nan quan, la synthèse des plus grandes écoles du sud
    • taiji quan, le style interne le plus pratiqué
    • xinyi et bagua, deux styles internes
    • tongbi et pigua, deux styles externes
    • styles imitatifs, tous les styles qui imitent les animaux, comme la boxe de l’aigle, l boxe du singe ou la boxe de la mante religieuse
    • les autres styles, c’est-à-dire les styles qui n’entrent dans aucune des catégories citées.
  2. « Duilian », combat préétabli. C’est une simulation de combat entre deux ou plusieurs adversaires, armés ou désarmés.
  3. « Sanda », combat libre sportif. C’est une spécialité de combat dans lequel les deux adversaires, bien protégés, s’affrontent en utilisant des techniques de poing, de coups de pied et de lutte.
  4. « Tuishou », mains qui poussent. Le tuishou est un exercice typique du taiji quan, dans lequel on cherche à déséquilibrer son adversaire et à le pousser à l’extérieur de l’espace de compétition, sans avoir recours à la force brute et sans saisir, mais en utilisant sa propre sensibilité et la force de l’adversaire.

Les bases philosophiques

S’il est vrai que le kungfu s »est développé par nécessité de guerre et pour se défendre, il est vrai aussi qu’il a été influencé de manière déterminante par les écoles religieuses les plus importantes, le taoïsme et le bouddhisme chan.

Le taoïsme

Dès l’aube de la civilisation chinoise, il y eut des hommes qui aimaient se retirer et vivre dans la solitude des montagnes, loin des affaires mondaines de la société. Là, seuls et en contact avec la nature, ils apprenaient à observer l’univers et les lois qui le régissent et à vivre en harmonie avec eux. Ils appelèrent les lois le « dao », qui signifie la « voie », c’est-à-dire le chemin parcouru par la nature et l’univers. C’est pour cela qu’on les appela les « daoren » ou taoïstes, c’est-à-dire les hommes qui suivent le dao.

Wudang

La région montagneuse du Wudang se trouve dans la province du Hubei, au centre de la Chine ; Les caractéristiques naturelles de cet endroit en font une très belle région, difficilement accessible.
Grâce à ces qualités, le Wudang est l’un des sites préférés des taoïstes, qui, au cours des siècles, y ont érigé de nombreux monastères et ermitages. Des sages et des taoïstes immortels vécurent dans le Wudang, et de nombreux styles de kungfu, qu’ils pratiquaient, ont vu le jour dans cette région.

Yin et Yang

A la base du dao se trouve le principe du yin et du yang.
Tout ce qui existe dans la nature est le produit de deux forces opposées et complémentaires, le yin et le yang, qui garantissent l’avenir en se succédant l’une à l’autre et en se transformant l’une dans l’autre. Yin est le pôle féminin, c’est le doux, l’ombre, le froid, le bas ; yang est un pôle masculin, c’est le dur, la lumière, le chaud, le haut…
Dans la nature, tout exprime l’alternance harmonieuse du yin et du yang : par exemple, le jour succède à la nuit et la nuit au jour.
Même en plein midi, qui représente le maximum du yang, on peut trouver le yin, l’ombre ; même l’obscurité de la nuit est atténuée par la clarté resplendissante de la lune et des étoiles.
Ainsi, dans la nature, le yin et le yang cohabitent, se mêlent, et l’un ne peut se passer de l’autre.

La mutation

Les taoïstes comprirent que tout, dans la nature comme dans la vie, est mutation : comme les saisons se suivent, comme l’eau court dans les torrents, ou comme les nuages changent de forme et deviennent pluie. La mutation, entendue dans le sens de devenir incessant, est la nature même des choses qui suivent un cycle. La graine devient une plante qui donne des fleurs et des fruits qui euxmêmes portent des graines qui à leur tour deviendront plante, tandis que les feuilles tombées serviront d’engrais pour les autres plantes, et ainsi de suite.
Le principe physique selon lequel « rien ne se crée ni ne se détruit, mais tout se transforme » était déjà clair pour les sages taoïstes il y a plusieurs milliers d’années. La pensée taoïste, avec ses observations attentives, a profondément influencé la culture chinoise : l’art, la médecine, l’architecture, l’ingénierie et même la cuisine sont le résultat de cette vision, comme c’est le cas pour les arts martiaux et en particulier les arts des styles internes.

Daodejing

« La chose la plus molle au monde se précipite sur la chose la plus dure au monde. Rien n’est plus mou ni faible qu e l’eau ; mais lorsqu’elle se jette sur ce qui est doux et fort, rien ne peut la combattre. Sans substance, elle pénètre dans ce qui n’a pas d’interstices. » (Lao Tse)

Les styles

Ge Hong, médecin et philosophe taoïste de l’époque Jin, introduisit le concept de neigong, ou travail intérieur, dans le kungfu. Il souligna l’importance de l’énergie interne qi et de l’essence jing, le mental xin et l’esprit shen, qu’il faut cultiver afin d’améliorer sa vitalité et ses prestations au cours du combat.
Sa conception posait les bases de ce qui allait être la distinction, telle qu’elle existe encore actuellement, du kungfu entre styles externes et styles internes.
Les styles externes accordent plus d’importance au travail extérieur, à l’usage de la force musculaire et aux qualités athlétiques.
Les styles internes mettent l’accent sue la conscience et sur la valorisation des ressources intérieures, dans lesquelles le corps et l’esprit sont en harmonie avec la respiration.
L’exemple le plus caractéristique de l’application des principes taoïstes aux arts martiaux est le taiji quan, qui exploite « le doux pour vaincre le dur ».
On raconte que ce fut le sage taoïste Zhang Sanfeng qui créa les bases du taiji en observant le combat entre un serpent et une grue. Que ceci soit vrai ou pas importe peu, mais cela indique clairement l’aptitude des taoïstes à retirer de la nature des sources inépuisables d’enseignement.
En revanche, il est vrai que, souvent, les ermites se trouvaient face à face avec des animaux féroces comme des tigres ou des ours, et, pour ne pas être considéré comme des proies, ils apprirent à les imiter dans leur comportement.
Ceci leur permit de comprendre les attitudes des animaux et de les utiliser à leur avantage dans les combats.
Les taoïstes étudièrent les forces de la nature, le vent, l’eau, le feu, et appliquèrent leurs principes au combat.
Le bagua, par exemple, parmi l’un des principaux styles internes, comprend des techniques qui rappellent la course impétueuse d’un torrent en crue, élément dont la puissance est effrayante.
Le xing yi quan, se fonde sur cinq techniques, associées à la loi des cinq éléments (la terre, l’eau, le métal, le feu, le bois), d’origine taoïste, sur laquelle s’appuie la médecine traditionnelle chinoise.

Lie Tsu

Sous le ciel se trouve une Voie qui toujours vainc et une qui jamais ne gagne.
La Voie qui toujours vainc a pour nom douceur, la Voie qui jamais ne gagne a pour nom force. L’une et l’autre se reconnaissent facilement, mais les hommes ne les connaissent pas.
D’où le très vieux dicton :
« Le fort préfère celui qui ne l’égale pas, l'accommodant préfère celui qui est supérieur. »
Celui qui préfère celui qui ne l’égale pas court un danger s’il rencontre un individu semblable à lui ; celui qui préfère ce qui lui est supérieur ne craint pas le danger. (Lie Tsu, La sublime Vertu du Creux et du Vide)

Macrocosme et microcosme

Selon les principes taoïstes, l’individu lui-même est un univers avec les mêmes caractéristiques que la nature, en conséquences les lois qui régissent l’univers sont les mêmes que celles qui régissent l’homme.
C’est ainsi que l’on peut ramener l’homme aux cinq principaux éléments : la terre, le feu, l’eau, le métal, le bois.

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Les cinq éléments sont reliés les uns aux autres par un processus de génération :

  • le bois produit le feu
  • le feu la terre
  • la terre le métal
  • le métal donne naissance à l’eau
  • l’eau au bois
Chaque élément en rappelle d’autres et entre en relation avec eux : par exemple, le bois rappelle à l’esprit le printemps, le vert, le foie, les muscles, la colère, etc..
Chez l’homme, à chaque élément est associé un organe (terre/rate, métal/poumons…), mais aussi une couleur, une saveur, une émotion.

Yijing (I Ching), le livre des mutations

Les Chinois se sont beaucoup penchés sur le principe des mutations et leurs ont consacré des études approfondies : ces dernières ont fait l’objet d’un ouvrage : le Yijing, qui est l’un des textes fondamentaux de la pensée taoiste.
Employé principalement comme instrument de divination, le Yijing offre une vision cosmologique de la vie et des phénomènes, en partant des pôles yin (principe féminin négatif, passif) et yang (principe masculin positif actif) ; en les rassemblant par groupe de trois lignes, on obtient huit combinaisons possibles, ou bagua, les huit trigrammes.

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Chaque trigramme a une signification principalement lié à un élément naturel : terre, montagne, eau, vent, tonnerre feu, lac, ciel.
Les trigrammes représentaient les forces de la nature, la composition de la famille, les saisons, l’organisation de l’Etat ; les anciens en tiraient des prévisions et obtenaient ainsi des réponses à leurs questions.

Les huit trigrammes réunis par groupes de deux puis combinés entre eux, forment soixantequatre combinaisons, qui correspondent à autant d’hexagrammes.
Selon la pensée taoïste, ils représentent toutes les situations possibles dans lesquelles peut se trouver celui qui souhaite avoir des éclaircissements sur les choix existentiels qu’il doit faire.
Le bagua zhang, l’un des styles doux du kungfu, se fonde sue les mêmes principes que le yijing, et s’en inspire dans ses mouvements circulaires et déliés.

Le bouddhisme

L’influence du bouddhisme sur les arts martiaux chinois s’exerça essentiellement grâce au monastère de Shaolin et aux évènements qui s’y sont produits.
Le bouddhisme, fondé en Inde par le prince indien Sakiamuni (ou Shiddarta) l’Illuminé, arriva en Chine au Ier siècle avant J. C., mais sa diffusion, surtout parmi les classes les plus pauvres, ne se fit que très lentement.

Le monastère de Shaolin

« Tout le kungfu dérive de Shaolin. »

Proverbe Chinois

En 527 après J. C., un moine indien du nom de Da Mo (ou Bodhidharma) arriva en Chine et, après de longues pérégrinations, s’établit au monastère de Shaolin, sur le mont Song, dans la province du Henan. Là, il fonda une nouvelle secte bouddhiste, le Chan, connue au Japon et en Occident sous le nom de Zen.
La secte Chan considère que tous les hommes peuvent être des Bouddha, des illuminés, à condition que leur esprit soit pur. A travers la méditation, qui constitue la pratique la plus importante, l’individu apprend à se détacher de toutes les pensées fausses qui entravent son esprit, jusqu’à avoir l’intuition de la véritable nature de la réalité et de son moi.
A la différence des autres monastères, dans lesquelles on étudiait les écritures bouddhistes et où les moines étaient le plus souvent des érudits et des ascètes, la pratique à Shaolin consistait essentiellement en de longues heures de méditation et de prière. Une légende raconte que Da Mo lui-même est resté neuf ans à méditer dans une grotte, jusqu’à laisser l’empreinte de son ombre sur le mur.
Indubitablement, les méditations dans la position du lotus duraient longtemps et étaient exténuantes au point d’entraîner des problèmes articulaires et d’affaiblir l’organisme des moines.
Il semblerait que Da Mo soit le créateur d’un groupe d’exercices, connu sous le nom de « les Dix-Huit Mains de Bouddha », qui serait le noyau du kungfu de Shaolin.
En revanche, selon de nombreuses autres histoires, la pratique du kungfu à Shaolin aurait commencé lors de la fondation du monastère, trente ans avant l’arrivée de Bodhidharma, grâce à Ba Tuo, un moine indien, sur ordre de l’empereur Xiao Wen.
Nous ne savons pas si Ba Tuo pratiquait les arts martiaux, mais on a établit que deux de ses disciples, Seng Chou et Hui Guang, étaient des combattants habiles aussi bien avec des armes qu’à mains nues.
Selon toutes probabilités, la pratique des arts martiaux à Shaolin est le résultat de plusieurs facteurs, religieux et politiques, qui se sont additionnés et enchaînés.
Etant donné que la secte Chan était tolérante à l’égard des faiblesses humaines, le monastère de Shaolin accueillit des moines qui avaient du mal à se faire accepter dabs d’autres monastères, parce qu’ils buvaient, parce qu’ils mangeaient de la viande ou encore parce qu’ils avaient été guerriers ou avaient assassiné.
De nombreux experts en arts martiaux trouvèrent dans ce monastère le lieu idéal pour se retirer de la société ou pour échapper à leurs ennemis.
Inévitablement, la pratique du kungfu à Shaolin devint courante, aussi bien pour maintenir l’organisme en forme que comme méthode de combat dans un but défensif. En effet, étant donné que le monastère se trouvait dans une position géographique qui le rendait vulnérable aux attaques des bandes de voleurs et de pillards, les moines furent contraints d’apprendre à se défendre.
Shaolinshi, c’est-à-dire le monastère de Shaolin, devint ainsi un important gymnase pour de très nombreux maîtres, dans lequel les experts pouvaient échanger leurs techniques et leurs connaissances en toute sécurité, puisque les règles spirituelles du lieu empêchaient toute manifestation de violence ou de vexation.
Cette caractéristique permit au kungfu de Shaolin de s’améliorer avec le temps et de devenir synonyme de prestige et d’invincibilité, mais aussi de valeurs éthiques élevées. Au fil des siècles, le kungfu à Shaolin se développa, donnant vie directement et indirectement à de nombreuses écoles.
L’époque Qing fut une période difficile pour Shaolinshi. De nombreux experts de kungfu qui avaient des contacts avec le monastère étaient politiquement opposés au gouvernement régnant des Mandchous ; Le credo du Shaolishi consistait à exhorter à « utiliser le kungfu pour sauver la patrie » ; sa pratique fut donc utilisée pour déstabiliser et renverser le régime politique.
Ceci conduisit les Qing à ordonner aux troupes impériales la destruction du monastère de Shaolin. Les moines et les résidents du monastère s’enfuirent et se dispersèrent dans toute la Chine, emmenant avec eux leurs connaissances martiales et commençant à les enseigner au peuple chinois.
Au fil des temps, les écoles se diversifièrent, contribuant à la création de nombreux styles qui, tout en se réclamant de Shaolin, sont très différents les uns des autres.
Aujourd’hui encore l’esprit du kungfu de Shaolin reste vivace parmi le peuple chinois et inspire des millions de passionnés dans le monde entier. Chaque année le monastère de Shaolin est visité par plus d’un million de personnes et de passionnés, qui s’y rendent pour étudier le wushu ou pour revivre l’atmosphère magique de l’endroit qui fut le berceau du kungfu.

La dynastie Mandchoue des Qing

En 1644, sous le règne de la dynastie Ming, le général Wu Sangui demanda l’aide des tribus mandchoues, qui vivaient dans l’actuelle Mandchourie, afin de destituer le nouvel empereur rebelle Li Zicheng. Mais les Mandchous, après la mort de Li Zicheng, prirent le dessus sur le plan militaire et occupèrent la Chine, fondant la nouvelle dynastie Qing. Malgré les efforts faits par les empereurs mandchous pour se pénétrer de culture chinoise, la dynastie Qing fut toujours considérée comme usurpatrice et illégitime, parce qu’elle n’était pas de sang chinois, et fut contrée par les moines de Shaolin.

Buts et finalité du kungfu

Depuis toujours, les arts martiaux en Chine ont eu de multiples objectifs, objectifs qui n’étaient pas uniquement liés à un combat pour la vie ou la mort.
Nous pouvons dire que la pratique du kungfu poursuit quatre finalités :

  • fortifier le caractère et les qualités morales
  • conserver et améliorer l ‘état de santé et l’efficacité physique et mentale
  • apprendre à combattre
  • s’exprimer sur le plan artistique

Fortifier le caractère et les qualités morales

Le kungfu est une pratique difficile qui requiert :

  • discipline
  • volonté
  • courage
  • persévérance
Sans ces qualités, il n’est pas possible de progresser ni d’atteindre un bon niveau.
L’absence de discipline fait de l’homme une barque sans gouvernail qui, livrée aux vagues, ne peut pas être dirigée. De la même façon, le pratiquant qui manque du sens de la discipline ne sera pas assidu aux entraînements, qu’il fera sans suivre de règles, et il sera attiré par la facilité : ce pratiquant aura aussi tendance à être indiscipliné dans la vie.
La force de la volonté est comme un chevalier au galop : il doit être décidé et résolu pour se faire obéir du cheval. Pareillement, le pratiquant de kungfu doit s’entraîner à agir avec détermination et fermeté ; ainsi, son caractere ne pourra que sqe renforcer.
Le pratiquant du kungfu doit être courageux ; lorsqu’il a décidé de faire quelque chose, il ne doit pas se préoccuper outre mesure des conséquences : souvent, au cours d’un combat, un bon athlète perd parce qu’il n’est pas assez courageux et qu’il doit se battre contre deux ennemis, l’adversaire et sa propre peur.
Celui qui pratique le kungfu doit être persévérant comme l’eau, qui goutte après goutte peut creuser le rocher le plus dur. On compare la persévérance à l’acte de forger une épée : en battant de manière irrégulière le marteau sur l’épée, un peu aujourd’hui, un peu demain, on n’obtiendra aucun résultat. Dans le kungfu, il faut continuer à s’entraîner sans attendre des résultats immédiats, mais en faisant confiance au temps.

Conserver et améliorer la santé et l’efficacité physique et mentale

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« Si tu prends soin de ta santé, tu seras agile et efficace même lorsque tu seras âgé, sinon tu seras un pauvre poids pour toi-même et pour ta famille. »
(Proverbe Chinois )
Selon le sage pragmatisme chinois, le bien-être et la longévité sont plus importants que la recherche de l’habileté martiale. En effet, une personne en excellente santé peut être en mesure de se défendre sans posséder d’aptitudes particulières, alors qu’une personne experte dans les combats mais en mauvaise santé est vulnérable.
D’autre part, les occasions de sa battre pour protéger sa vie sont heureusement rares de nos jours, alors que la maladie et un mauvais état de santé sont un ennemi toujours aux aguets. C’est pourquoi les Chinois ont développé une série de connaissances et d’exercices parallèles aux techniques martiales qui permettaient, autrefois, d’atténuer les effets négatifs d’entraînements exténuants et de duels dangereux.

Aujourd’hui, ces connaissances et exercices se révèlent utiles pour exalter les qualités physiques et psychologiques du pratiquant moderne.
Classons en huit points cet ensemble de connaissances qui font partie du bagage culturel de tout pratiquant oriental du kungfu :

  1. techniques d’élongation servant à éliminer les contractures et les tensions et qui permettent de conserver un corps souple et agile ;
  2. techniques de respiration, utilisées pour augmenter la capacité respiratoire et en améliorer la qualité ;
  3. techniques de relaxation et de concentration qui apprenne à contrôler l’activité mentale et les fonctions du corps que nous ne sommes pas, d’habitude, en mesure de diriger ;
  4. techniques pour fortifier le corps, exercices divers visant à rendre le physique plus fort et plus résistant ;
  5. techniques de massage et d’auto massage qui contrebalancent les effets liés à la pratique martiale ;
  6. médecine ou encore l’ensemble des connaissances et des remèdes qui, avec l’acupuncture, permettent de conserver un corps en bonne santé et fonctionnant bien ;
  7. alimentation, qui est considérée comme la partie de la médecine qui s’occupe de conserver le corps en bonne santé à travers l’utilisation appropriée des aliments et de la nourriture en général ;
  8. gestion de ses propres ressources énergétiques, c’est-à-dire l’ensemble des normes de comportement telles que les rythmes veille/sommeil, la répartition des repas au cours de la journée, une certaine modération dans les choses du sexe, un rythme équilibré entre les phases de travail et les phases de repos…

Apprendre à combattre

Créé pour le combat, le kungfu ou wushu, représente aujourd’hui encore l’un des arts martiaux dont le contenu est le plus profond et le plus riche. A travers l’étude et l’entraînement, le pratiquant peut apprendre à se défendre en ayant recours à différentes méthodes :

  • frapper à l’aide des mains, des pieds, des genoux, des coudes et de toute autre partie du corps
  • contrôler l’adversaire au moyen de prises, de leviers articulaires, d’immobilisations et de man±uvres douloureuses
  • faire chuter son adversaire grâce à des techniques empruntées à la lutte
Il peut, en outre, apprendre à employer diverses sortes d’armes mais aussi à se défendre en cas d’attaque par des gens armés.

Les performances des corps militaires spéciaux chinois, qui appliquent à leurs besoins ces principes anciens, impressionnent même les pratiquants d’arts martiaux extrêmes par leurs aptitudes, dont l’efficacité a été prouvée. proviennent.

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Les plus grands adeptes d’arts martiaux à travers le monde trouvent dans le wushu une source inépuisable d’inspiration et d’étude, de quelque discipline qu’ils proviennent.

S’exprimer sur le plan artistique

Le wushu a aussi été utilisé depuis l’Antiquité comme une activité d’entretien aussi bien par le biais de duels et de compétitions que par celui de démonstrations de forme, au cours desquelles l’expert exécutait des séries de techniques enchaînées. L’intérêt des Chinois pour l’esthétique a conduit à travailler les mouvements pour les rendre toujours plus gracieux, souvent en introduisant des pas de danse provenant du théâtre acrobatique traditionnel.
L’introduction des armes à feu en Chine, au cours des cinq cents dernières années, a simplifié l’autodéfense et rendu superflus les entraînements à mains nues, si difficiles. Ceci provoqua une crise importante entre les maîtres de kungfu, qui, peu à peu, virent leurs écoles se vider. Par conséquent, beaucoup d’entre eux décidèrent, pour survivre, de proposer leur art comme discipline gymnique et sportive.
Le siècle dernier a donc vu une évolution à dominante acrobatique, dans laquelle le geste a comme la finalité non la recherche de l’efficacité dans le combat, mais la beauté et la difficulté gymnique.

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